Analyse | Tarifs : Les Américains feront-ils reculer Donald Trump?
L'économie américaine est en perte de vitesse. Les dépenses des consommateurs ralentissent. Les embauches aussi. De plus en plus de voix – y compris parmi les électeurs républicains – s'élèvent aux États-Unis pour dénoncer la guerre commerciale et les tarifs douaniers, alors que le pays pourrait connaître une récession. Des assemblées publiques organisées par des élus républicains, au cours des dernières semaines, ont suscité des témoignages enflammés, qui dénoncent les politiques économiques de Donald Trump. Le président accuse ces participants d’avoir été payés pour agiter ces rassemblements. Lorsque les données économiques du pays sont positives, Donald Trump s’en félicite. Lorsqu’elles sont négatives, il blâme son prédécesseur, Joe Biden. En réaction à la récente dégringolade boursière et aux craintes de récession, le président parlait d’une Qui a l’oreille de Donald Trump et qu’est-ce qui pourrait bien lui faire changer d’idée? Économiste et professeur à la prestigieuse Harvard Business School, Vincent Pons, souligne que semer un climat d’incertitude peut lui donner une position favorable dans ses négociations avec des partenaires commerciaux. C'est difficile de savoir exactement quels sont les plans et les stratégies de Donald Trump. Vincent Pons est économiste et professeur à la Harvard Business School. Photo : Vincent Pons Le président américain semble toujours croire qu’il s’agit d’un Dans les rues de Détroit, au Michigan, capitale américaine de l’automobile, de nombreux résidents sont craintifs par rapport à l’avenir, alors que d’autres sont indifférents. Donald Trump avait réussi à faire basculer l’État pivot aux Républicains à l’automne, notamment grâce à sa promesse d’alléger le coût de la vie élevé. Le résident Michael Wilson dit mettre de l’argent de côté pour faire face à l’incertitude économique engendrée par cette guerre tarifaire. Je me serre la ceinture pour plusieurs raisons, mais [la guerre tarifaire] est certainement l'une d'entre elles. Michael Wilson, résident de Détroit, dit limiter ses dépenses et mettre de l'argent de côté en prévision d'un ralentissement économique aux États-Unis. Photo : Radio-Canada / Jacob Barker Taylor Christmas peine déjà à joindre les deux bouts en tant qu’étudiante à temps plein. Elle craint que les tarifs douaniers fassent bondir le coût du panier d’épicerie et de l’essence, entre autres. Taylor Christmas, étudiante à temps plein, travaille dans une boutique de vêtements au centre-ville de Détroit. Elle songe à trouver un deuxième emploi. Photo : Radio-Canada / Jacob Barker Brendon Benjamin, qui habite à Denver, au Colorado, espérait rénover son sous-sol prochainement, mais devra peut-être repousser son échéancier pour ce projet. Le graphiste se dit toutefois confiant que les choses vont se calmer : après tout, Donald Trump est en poste depuis à peine deux mois. Selon les prévisions de Desjardins, l'économie américaine devrait se contracter légèrement au milieu de l'année, avant de connaître un faible rebond à la fin de 2025. On s'enligne pour deux trimestres négatifs aux États-Unis, donc ce qu'on appelle une récession technique. Il faut en effet deux trimestres consécutifs – soit l’équivalent de six mois – de recul du produit intérieur brut pour combler la définition technique d'une récession. Par contre, le National Bureau of Economic Research aux États-Unis considère aussi l’ampleur du recul et sa durée. Déjà en janvier, les dépenses des consommateurs américains ont baissé de 0,2 % en un an, ce qui représente environ 30,7 milliards $US en moins. Au cours de la même période, les achats de véhicules et de pièces automobiles ont chuté de 41 %. Les ventes de vêtements et de chaussures ont baissé de près de 5 %. L’économiste estime par ailleurs que les investissements seront Aux États-Unis, les dépenses des consommateurs ont légèrement fléchi en janvier, notamment au niveau des achats d'automobiles. Photo : Reuters / Philimon Bulawayo Veronica Clark, économiste à la banque américaine Citi, prévoit elle aussi que la croissance économique aux États-Unis sera anémique cette année. Elle affirme, par contre, que l’administration Trump ne semble Peut-être même plus tôt : vendredi dernier, Donald Trump a suggéré qu’il ferait preuve de Mais fidèle à son habitude, le président américain laisse planer le doute. Avec des informations de Yanick Lepage et Jacob Barkerpériode de transition
qu’il est en train de piloter pour améliorer le sort des États-Unis.
jeu à somme nulle
, c’est-à-dire que les États-Unis gagnent ce que les autres pays perdent.Au contraire, le commerce international est un jeu à somme positive et on a pu constater les bienfaits, en termes de croissance et de réduction des prix pour les ménages, d'échanges commerciaux intensifiés avec les pays étrangers
, souligne-t-il.Des Américains aux aguets
Je pense que des temps difficiles nous attendent
, affirme-t-il. L'administration n'en est qu'à ses débuts. J'espère que quelqu'un pourra faire entendre la voix de la raison à la Maison-Blanche.

Je songe maintenant à trouver un deuxième emploi
, lance la jeune Américaine, qui travaille quelques jours par semaine dans une boutique de vêtements au centre-ville de Détroit.
Peut-être que le prix du bois va augmenter
, dit-il.Il faut lui donner une chance
, dit-il.Vers une récession?
Je ne suis pas sûr que ça va être assez sévère pour être qualifié de récession
, affirme l’économiste de Desjardins.On sent quand même qu'il va y avoir une faiblesse assez généralisée. Avec les indices de confiance qu'on a, on peut s'enligner sur une consommation qui va être plus faible
, ajoute Francis Généreux.fragilisés par les hausses de tarifs, par l'augmentation des coûts, par l'incertitude qui est générée.

Ce serait une économie sur le point de basculer peut-être dans une véritable récession
, dit-elle.Donald Trump évoque de la
flexibilité
sur les tarifspas terriblement préoccupée
par l’évolution des marchés boursiers et des données économiques.On verra comment évolue l’activité économique et le marché de l’emploi dans les prochains mois,
affirme l’économiste. Peut-être que d’ici la fin de l’année, il y aura un changement de cap.
flexibilité
en appliquant ses tarifs réciproques à compter du 2 avril. Certains membres de son administration ont affirmé en entrevue au cours des derniers jours que certains secteurs pourraient être épargnés. Cette lueur d’espoir a fait rebondir les marchés boursiers, lundi.
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